LA MER DE ROSS ET SES ENVIRONS

 

Il s’agit d’une région d’une extrême beauté qui fut le théâtre d’importantes expéditions au cours de ce que l’on nomma l’Age héroïque de l’exploration polaire (fin XIX ème et début XX ème). James Clark Ross y navigua pour la première fois en 1839-43 à bord de ses deux navires l’HMS Erebus et l’HMS Terror. Il fut le premier homme à y découvrir la Grande Barrière de Ross, un gigantesque glacier s’avançant en pleine mer et mesurant plus de 60 mètres de hauteur. L’épaisseur de glace peut y atteindre 400 à 1000 mètres selon les endroits. Cette immense étendue glacière, du front de laquelle se détachent de titanesques icebergs, avance d’un km environ chaque année.

Une région historique
Sur l’île Ross rattachée au continent blanc par l’épaisse croûte de glace qui l’entoure, on peut visiter plusieurs abris construits par les folles expéditions des explorateurs polaires du XXème siècle. Le promontoire de Hut Point est le lieu d’emplacement de l’abri Discovery amené d’Australie par le capitaine Robert Falcon Scott lors de sa première expédition en 1901-04. Celui-ci fut réutilisé par la suite par les membres d’autres expéditions de passage : en 1907-09 par Ernest Shackleton, en 1911-13 par Scott lui-même lors de sa fatidique expédition à la conquête du pôle Sud, puis en 1915-16 par les malheureux membres de l’Aurora alors qu’ils s’apprêtaient à tenter la première traversée transantarctique du continent (autrement connue sous le nom d’expédition de l’Endurance).

Au Cap Royds, l’abri du même nom fut élevé et servit de base à Shackleton pour son expédition Nimrod (1907-09). Falcon Scott y séjourna en 1910-13 ainsi que les membres de l’Aurora. On trouve sur le même site la colonie la plus méridionale de manchots Adélie. C’est aujourd’hui un site protégé qu’on ne peut visiter sans permis.

En 1910, Robert Falcon Scott éleva sa base à Cap Evans sur l’île de Ross. Son expédition visait alors la conquête du pôle sud. Il y entreposa de nombreux vivres, équipements et quelques vêtements qui sauvèrent la vie quelques années plus tard à l’équipage de l’Aurora.

Sur la péninsule du Cap Adare (+carte), à l’entrée de la mer de Ross, l’expédition du norvégien Borchgrevink 1898-1900 fut la première à hiverner en Antarctique. Il y éleva deux cabanes pour l’occasion. Une troisième fut construite non loin de là par les membres de l’expédition de Falcon Scott en 1910-13 qui fut balayée par les vents au fil du temps. Quant aux deux cabanes Borchgrevink, elles se tiennent aujourd’hui encore debout au milieu de la plus grande colonie antarctique de manchots Adélie. Celle-ci compterait en effet près de 280 000 couples !

Une région aujourd’hui siège de plusieurs bases scientifiques en activités

La base antarctique McMurdo
Dans la région voisine de l’île de Ross est installée la plus grande base scientifique américaine de recherches sur l’Antarctique : la station McMurdo. Elle compte une centaine de structures et peut accueillir durant l’été austral jusqu’à 1200 personnes. A mi chemin entre ville frontière et station high-tech ultra moderne, McMurdo est construite sur pilotis afin de préserver le permafrost. Son accès se réalise par voie maritime ou aérienne. La station McMurdo fournit en outre un appui logistique aux programmes antarctiques néo-zélandais, italiens et russes. On y étudie la biologie marine et terrestre, la glaciologie, la météorologie et on y mène des recherches biomédicales.

La base McMurdo prête en particulier un appui logistique important à sa consœur américaine : la station Amundsen-Scott Pôle Sud. Cette dernière fut élevée en 1956 à l’emplacement même du pôle Sud et porte les noms des deux grands explorateurs s’étant lancés à sa conquête en 1911. Les deux bases sont reliées l’une à l’autre par une route de glace de quelques 1600km !

La station Amundsen-Scott Pôle Sud
Divers études sont menées dans cette station qui subit les conditions climatiques les plus extrêmes de la région : glaciologie, recherches géophysiques et biomédicales, météorologie et astronomie. La température annuelle moyenne y est de l’ordre de -50ºC, pouvant chuter jusqu’à -80ºC ! La première construction enfouie trop peu profond dans le sol due être abandonnée et la base reconstruite quelques mètres plus loin.

La base antarctique Scott
Cette base scientifique néo-zélandaise située à 4 kilomètres de la station McMurdo collabore étroitement au programme de recherches américain sur l’Antarctique. Chaque année le programme scientifique néo-zélandais appuie une trentaine de projets mobilisant quelques 250 personnes : histoire géologique du Gondwana, nature de la banquise, études biologiques des poissons, manchots, labbes, lacs antarctiques, recherches sur l’impact des activités humaines, biodiversité et écosystèmes en font partie.

Les vallées sèches de McMurdo
A une centaine de kilomètres de Scott et McMurdo se trouve le plus étrange des écosystèmes d’Antarctique : les vallées sèches de McMurdo. Sur un continent recouvert de glace dans sa quasi totalité, ces vallées constituent l’un des déserts les plus arides du monde. Son environnement serait similaire à celui de Mars. Seules quelques plantes endolithiques – qui se développent à l’intérieur d’une roche – de la famille des lichens, algues et champignons survivent grâce à la relative humidité procurée par la pierre.

Une autre particularité de l’écosystème régional tient à l’extrême salinité des lacs de la région, bien supérieure à celle des océans ou encore à celle de la Mer Morte. Ainsi, les eaux du lac Don Juan, de par leur concentration en sel et chlorure de calcium, ne gèleraient presque jamais, même à une température inférieure à -50ºC !

 

 

 

 





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