LA PENINSULE ANTARCTIQUE

 

La Péninsule Antarctique convie les voyageurs au spectacle de la nature sauvage dans toute sa splendeur. Sillonnant au milieu des centaines d’îles et îlots présents le long des côtes, les bateaux ont maintes fois l’opportunité de jeter l’ancre pour visiter stations scientifiques, lieux d’emplacement d’expéditions historiques, vestiges d’épopées polaires, colonies de manchots se comptant par milliers, regroupements d’oiseaux en tout genre... Sur l’Antarctic Sound comme en plein cœur du chenal Lemaire, la glace joue de ses multiples reflets, les cétacés évoluent sous la surface de l’eau et la banquise morcelée dérive, emportant les phoques se prélassant au soleil...

La région septentrionale de la Péninsule Antarctique
La minuscule île volcanique Paulet présente un attrait tout autant historique que naturel. Au début du XX ème siècle, elle abrita l’équipage de l’Antarctic parti recueillir la mission scientifique du suédois Nordenskjöld déposée sur Snow Hill. Mais le bateau, pris dans les glaces, coula et les hommes furent contraints d’élever sur l’île Paulet un abri de pierres pour hiverner. On en visite aujourd’hui les ruines. A l’heure actuelle, l’île abrite une immense colonie de manchots Adélie ainsi qu’un très grand nombre de cormorans aux yeux bleus et d’océanites de Wilson.

Non loin de l’île Paulet, sur la berge de la Péninsule Antarctique, se trouve Hope Bay. Une station britannique y fut érigée dans les années 40 et fermée en 1964. Aujourd’hui une station argentine y est établie ainsi que quelques familles qui célébrèrent, en 1978, la venue au monde du premier petit homme en Antarctique. Site aujourd’hui déclaré zone naturelle protégée, Hope Bay abrite une vaste colonie de manchots Adélie.

Longeant la côte ouest de la Péninsule, les bateaux s’engagent ensuite dans le détroit de Gerlache. On atteint alors l’île Cuverville en ayant de grandes chances d’apercevoir dans les eaux du détroit plusieurs cétacés comme la baleine à bosse, la baleine de Minke et l’orque. Sur Cuverville est installée une colonie de manchots papou et s’y reproduisent deux espèces d’oiseaux : le labbe antractique, féroce prédateur, ainsi que l’océanite de Wilson.

Plus au sud, toujours le long de la côte, de nombreux bateaux font escale dans le port de Paradise Bay. On trouve à cet endroit la station scientifique argentine Almirante Brown et non loin, à Waterboat Point, la station chilienne Gabriel Gonzalez Videla. Cette dernière est installée au beau milieu d’une colonie très animée de manchots papou. On y voit également évoluer en grand nombre, un charognard à l’apparence d’un pigeon dodu : le chionis blanc.

Autre mouillage relativement protégé en Antarctique, Port Lockroy, situé sur la petite île Goudier de l’archipel Palmer, est à l’origine un site de chasse à la baleine proche de Paradise Bay. Durant la seconde Guerre Mondiale, les anglais y installèrent une base militaire qui par la suite se convertit en base scientifique avant d’être fermée en 1962. Aujourd’hui Port Lockroy est un site historique où l’on trouve un musée, une poste et même un magasin de souvenirs ! Les bateaux profitent en effet de l’ancrage abrité pour venir observer les manchots papou, cormorans aux yeux bleus, phoques de Weddell et baleines à fanons des environs. A courte distance de là, juste avant de s’engager dans le magnifique chenal Lemaire, l’île Torgersen offre également la possibilité d’observer manchots Adélie, phoques crabiers et léopards des mers.

Lorsqu’il n’est pas impraticable en raison des glaces, le chenal Lemaire est souvent cité comme un lieu à la beauté saisissante. Naviguer aux pieds de ses falaises à pic est une expérience mémorable. On y rencontre souvent des phoques se prélassant sur la banquise dérivante et on peut parfois y observer des baleines de Minke. Le chenal Lemaire mène à l’île Petermann. Sur celle-ci hiverna la seconde expédition scientifique de grande ampleur menée par le charismatique capitaine français Jean Baptiste Charcot (1908-1910). On trouve en effet dans cette zone divers colonies de manchots, on observe des éléphants de mer et il y vit la colonie de manchots papou la plus méridionale d’Antarctique. Les anglais établirent une station en 1947 sur le petit archipel des îles Argentine proches de Petermann. La station fut cédée dans les années 90 à l’Ukraine et porte aujourd’hui le nom de Vernadsky.

Quelques centaines de kilomètres plus au sud sur la côte ouest de la Péninsule, les expéditions antarctiques atteignent leur destination ultime : l’île Adelaïde et la baie Marguerite. Sur la première sont installées deux bases scientifiques, à l’origine toutes deux britanniques. La plus ancienne, surnommée base T, fut cédée par le Royaume Uni au Chili mais elle est aujourd’hui hors service en raison de l’instabilité de son chemin d’accès. La seconde est toujours en opération, il s’agit de la British Rothera Station menant d’importantes recherches géophysiques et atmosphériques dans la région.

Dans la baie Marguerite, l’île Stonington fut choisie par l’explorateur polaire et aviateur américain, Richard Byrd, pour y établir sa base, baptisée East Base, lors de sa troisième expédition en Antarctique (1939-41). Celle-ci restera célèbre. Elle fut ensuite réutilisée après la seconde Guerre Mondiale par la Ronne Antarctic Research Expedition de 1947-48. En 1989, elle est consacrée monument historique par le Traité de l’Antarctique : divers objets sont dispersés sur son camp tels un vieux tank de la première Guerre Mondiale, un tracteur, un moteur d’avion dans sa caisse d’emballage, des vivres en conserve etc... Mais en dépit de l’intérêt historique que présente ce site, les conditions de navigation dans cette région très méridionale de l’Antarctique ne permettent pas toujours d’y accéder.

 

 

 

 





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