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Les bases scientifiques et la Pax Antarctica

Les tensions militaires dues à la Seconde Guerre Mondiale se font sentir jusqu’en Antarctique où l’activité des baleiniers finit par être stoppée par divers attaques allemandes. L’Allemagne Nazie revendique à cette époque la Nouvelle Souabe (une portion de terre de 600 000 km2) dans le but sans doute de contrôler le passage de Drake et une partie de l’Oéan Indien. Dès lors, la région devient le théâtre d’enjeux politiques importants. Les premières stations permanentes apparaissent permettant d’occuper l’Antarctique toute l’année. L’Argentine, l’Australie, l’Angleterre, les Etats-Unis, le Chili, la France, la Nouvelle Zélande et l’Afrique du Sud établissent des bases sur lesquelles hivernent leurs équipes.

Peu de temps après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les Etats-Unis lance la plus grosse expédition jamais réalisée « Highjump » (le grand saut) : un porte-avion, un sous-marin, 13 navires, 26 avions et 4700 hommes sont mobilisés. Elle est dirigée par Richard Byrd et poursuit comme tâche principale la cartographie de l’Antarctique grâce à la photo aérienne. Son bilan est très mitigé : une grande partie des clichés réalisés sont surexposés et ne peuvent être localisés. L’été suivant, l’opération « Windmill » s’effectue en grande partie dans le but de localiser les emplacements photographiés.

En 1958, Vivian Fuchs (Angleterre) et Sir Edmund Hillary (Nouvelle Zélande) organisent « l’expédition transantarctique du Commonwealth » et tentent de réussir là où Shackleton et l’Endurance avaient échoué. L’expédition est un succès et les deux équipes, l’une partie du sud et l’autre, partie de l’île de Ross au nord, se rencontrent au pôle sud. La traversée de l’Antarctique est effectuée de part en part. (1)

La coopération scientifique s’intensifie. Les 50 ans devant séparer deux Années Polaires Internationales (API) paraissent un gouffre temporel tant les progrès de la science sont rapides et considérables. C’est alors qu’en 1950, seulement 18 ans après, la Seconde API est proposée l’Année Géophysique Internationale (AGI). Elle se tient en 1957-58 alors que l’activité solaire est à son maximum et permet d’étudier les propriétés physiques terrestres ainsi que les interactions entre le Soleil et notre planète.

Mais alors que la coopération scientifique bat son plein avec 53 stations en activité lors de l’AGI, les tensions politiques entre pays liées à des revendications territoriales en Antarctique sont exacerbées. C’est notamment l’efficacité de la coopération scientifique dans un climat pacifique qui amènera l’ouverture de discussions et de négociations sur le statut de l’Antarctique.

Des négociations mondiales sont alors ouvertes. Les États-Unis y joueront un rôle de premier plan en invitant les 11 États ayant participé à l’AGI à une réflexion d’ampleur.

Le Traité de l’Antarctique est signé en 1959 par 12 parties : l’Afrique du Sud, l’Argentine, l’Australie, la Belgique, le Chili, les États Unis, la France, le Japon, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, le Royaume Uni et l’URSS.

Il édicte deux grands principes :
Il établit d’une part le gel de toutes les prétentions territoriales. Il reconnaît d’autre part l’intérêt primordial de l’exercice du travail scientifique dans un climat pacifique.
Cela se traduit par l’interdiction de toute mesure de caractère militaire, toute explosion nucléaire et tout dépôt de déchets radioactifs. Seules les activités pacifiques sont autorisées. La liberté de la recherche scientifique est garantie et la coopération internationale est encouragée. Le gel des prétentions territoriales ne signifient pas pour autant la renonciation des Etats à leurs droits. Il suspend ceux-ci dans le temps pour permettre la coopération scientifique la plus efficace sur l’ensemble du territoire antarctique.

Depuis son entrée en vigueur, 46 pays ont adhéré au Traité. Certains d’entre eux bénéficient du statut de « parties consultatives » pour avoir mené des activités substantielles de recherche scientifique en Antarctique. Ils ont droit de vote lors des « Réunions consultatives sur le Traité de l’Antarctique » (les RCTA). Les autres sont considérés comme « parties non consultatives », ce qui ne leur confèrent pas de droit de vote mais un droit à la parole lors des réunions.

Deux conventions importantes ont été adoptées dans le cadre du Traité et ciblent la protection de la faune et flore : la Convention pour la protection des phoques de l’Antarctique, signée en 1972, et la Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique, entrée en vigueur en 1982. Mais il faut attendre le protocole de Madrid pour qu’une réglementation environnementale bien plus ambitieuse voie le jour.

Le protocole environnemental de Madrid

En 1991, un protocole spécifique à la protection environnementale en Antarctique fut adopté et annexé au Traité principal : le protocole de Madrid. Il désigne l’Antarctique comme « réserve naturelle consacrée à la paix et à la science » et édicte des principes, procédures et obligations protégeant son écosystème. Il est entré en vigueur en 1998 et s’applique aux activités touristiques, non gouvernementales et gouvernementales.

Base américaine Admunsen Scott

Au delà de la protection de la faune et de la flore, le protocole vise la conservation du patrimoine minéral de l’Antarctique : il interdit ainsi l’exploitation des ressources minérales à d’autres fins que scientifiques. En outre, il établit que toute activité doit faire l’objet d’une évaluation d’impact préalable sur l’environnement. Certaines aires, particulièrement fragiles, sont déclarées zones spécialement protégées de l’Antarctique (ZSPA). Leur accès est interdit sans permis.

La réglementation applicable au voyageur

La réglementation édictée par le protocole de Madrid à des répercussions directes sur l’organisation du tourisme en Antarctique et tout voyageur doit être conscient des restrictions qui peuvent lui être imposées au cours de sa croisière.

En matière de faune et de flore
L’article 3 de l’annexe II interdit la prise ou toute interférence nuisible sur la faune et la flore indigène, à moins qu’elle ne soit autorisé par un permis.

La faune et la flore indigènes concernent toute espèce, animale ou végétale, à tout stade de son cycle de vie ou de développement, à terre comme en mer, appartenant aux espèces spécifiques de l’Antarctique, c’est-à-dire les espèces y séjournant toute l’année ou de manière saisonnière du fait de migrations naturelles.

Base francaise Dumont D’Urville

Par prise, on entend l’interdiction de tuer, blesser, capturer, manipuler ou perturber un mammifère ou un oiseau indigène, et retirer ou endommager de telles quantités de plantes indigènes que leur distribution locale ou leur abondance s’en trouveraient affectées d’une façon significative.

Quant aux interférences nuisibles interdites, il s’agit des situations suivantes :

- Les vols ou atterrissages d’hélicoptères ou d’autres aéronefs, l’utilisation de véhicules ou de navires, d’explosifs ou d’armes à feu, qui troublent les concentrations d’oiseaux et de mammifères, à terre comme en mer. Il convient de maintenir le bruit à un niveau minimum pour ne pas effrayer la faune ;

- Le déplacement de personnes à pieds perturbant délibérément les concentrations d’animaux ou d’oiseaux, spécialement lorsque ceux-ci se trouvent en phase de reproduction ou de mue ;

- L’atterrissage d’aéronefs, la conduite de véhicules ou le piétinement détériorant de manière significative les agglomérations de plantes terrestres indigènes ;

- Les activités entraînant une modification de l’habitat des espèces mammifères, oiseaux, plantes ou invertébrés indigènes ;

- L’introduction de toute espèce animale ou végétale non indigène telle que les animaux de compagnie, les volailles et les plantes d’appartement.

En matière d’aires protégées (ZSPA)
Divers zones de l’Antarctique se sont vues attribuer la qualité de zone spécialement protégée (ZSPA) en raison de leur caractère écologique, scientifique, historique ou autre. Vous ne devez en aucun cas y pénétrer sans permis. Les activités aux abords des sites et monuments historiques peuvent présenter certaines restrictions spéciales qu’il incombe au visiteur de respecter. Ce dernier doit donc :

- Connaître la localisation des ZSPA et les activités que l’on peut y mener.

- Respecter les restrictions applicables.

- Ne pas endommager, déplacer ou détruire les monuments et sites historiques, pas plus que tout objet façonné associé à ceux-ci.

En matière de recherche scientifique
Le voyageur ne doit en aucun cas interférer avec la recherche scientifique, ses installations et ses équipements. Une permission préalable doit être obtenue pour la visite de toute installation scientifique, confirmée 24 à 72h avant l’arrivée, et les visiteurs doivent se soumettre à l’ensemble de la réglementation applicable sur les lieux. Il est interdit d’interférer ou d’enlever tout équipement ou marqueur scientifique, de perturber les sites d’études expérimentales ainsi que leurs fournitures et approvisionnements.

En matière de sécurité
Le visiteur doit être préparé à des changements climatiques brutaux et s’assurer que son équipement et ses vêtements sont adaptés aux conditions qu’il est susceptible d’affronter sur place. Il ne doit jamais oublier que l’Antarctique est un environnement inhospitalier, imprévisible et potentiellement dangereux.

Le visiteur doit :

- Bien connaître ses capacités ainsi que les dangers potentiels que présente l’environnement Antarctique, et agir en conséquence. Il doit toujours planifier ses activités en gardant à l’esprit l’impératif de sécurité.

- Rester à une distance respectable de la faune et la flore, à terre comme en mer.

- Prendre en considérations les conseils et recommandations donnés par les guides et ne jamais s’écarter de son groupe.

- Ne jamais marcher sur les glaciers ou les champs étendus de glace sans disposer de l’équipement nécessaire et de l’expérience correspondante. Il existe en effet un réel risque de tomber dans une crevasse dissimulée.

- Ne doit pas compter sur des services de secours. La probabilité des risques encourus diminue fortement dès lors que les activités sont bien planifiées, l’équipement adéquat et le personnel entrainé.

- Ne doit pas pénétrer dans les refuges habilités pour les urgences, sauf en cas de nécessité absolue bien entendu. S’il en utilise les équipements ou les vivres, il doit alors en informer la plus proche station de recherche ou bien les autorités nationales lorsque le danger ou l’urgence a pris fin.

- Respecter les interdictions de fumer, en particulier autour des édifices, et prendre toutes les précautions nécessaires contre les risques d’incendies. Celui-ci représente un danger non négligeable dans un environnement aussi sec que celui de l’Antarctique.

Préserver l’Antarctique
L’Antarctique est un continent jusqu’alors préservé des perturbations humaines à grande échelle. Il constitue la région sauvage la plus étendue du monde. Veillons à sa conservation.

- Ne pas fumer.

- Ne pas jeter d’ordures sur le sol. L’incinération à ciel ouvert est interdite.

- Ne pas perturber ou polluer les lacs ou les cours d’eau.

- Ne pas détériorer ou graphiter les rochers et bâtiments.

- Ne pas prélever de spécimens.

- Ne pas vandaliser les bâtiments qu’ils soient occupés, abandonnés ou inoccupés, ni les refuges d’urgence.

(1) : Voir dossier sur Wikipedia

 

 





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