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LA VIE EN ANTARCTIQUE

Climat et sols

Le climat antarctique se caractérise pour être très froid, sec et venteux, ce qui y limite en grande partie le développement de formes de vie. Le processus de décomposition de la roche qui, grâce en principe aux bactéries et algues, génère une flore basique sur un sol minéral, ne peut avoir lieu dans ces contrées.
Les multiples cycles de congélation et décongélation cassent la roche et les vents constants causent une rapide érosion. Les organismes vivants sont gelés, desséchés puis emportés par les bourrasques. L’ Antarctique se caractérise donc par la pauvreté de ses sols peu colonisés par les plantes. Les vallées sèches de McMurdo (+ photo) sur la Terre Victoria sont ainsi étudiées par la NASA pour leur ressemblance avec les sols de Mars. C’est précisément dans cette région que la sonde Viking Mars fut testée.

Vallée de Mac Murdo

Toutefois la péninsule Antarctique et quelques aires côtières connaissent davantage de précipitations neigeuses et sont donc dotées de sols plus riches car plus humides.
Les précipitations y concentrent les minéraux et forment des réservoirs permettant aux plantes d’y trouver l’eau nécessaire durant la période d’été. On observe ainsi dans ces zones des algues, lichens et mousses contribuant à une plus grande richesse des sols. En outre, le guano, matière fécale des colonies de manchots et autres oiseaux, constitue dans certains cas un excellent fertilisant des terres.

Plantes

Du fait des rudes conditions climatiques et de la pauvreté des sols, l’Antarctique présente une faible quantité d’espèces de plantes et d’animaux : 360 espèces d’algues, 400 espèces de lichens, 75 espèces de mousses mais aucune fougère. S
eules deux plantes fleurissent dans la région la plus chaude de la péninsule Antarctique : la « canche antarctique » (Deschampsia Antarctica) (+ photo) ainsi que la perle ou œillet de l’Antarctique (Colobanthus quitensis) (+photo). L’ensemble des plantes de la région poussent lentement et seules quelques espèces mesurent plus de 3 centimètres. De fait, les seuls herbivores terrestres se trouvent être de petits insectes ainsi que des mites.

Une abondante vie marine

Contrairement à ce que l’on pourrait penser une fois ces premiers constats établis, la vie animale abonde dans les eaux entourant le continent austral. On trouve un grand nombre d’oiseaux de mer migrateurs ainsi que des mammifères marins sur son littoral dès fin octobre jusqu’à début mars, puis sur les glaces flottantes le reste de l’année.
La productivité biologique des eaux de l’Antarctique est ainsi la plus importante de la planète. Cela se doit à trois facteurs : premièrement l’eau est froide et les gaz tels que le dioxyde de carbone y sont mieux dissouts que dans les eaux chaudes tropicales. Il en résulte donc des eaux plus oxygénées. Deuxièmement, les mers agitées par de forts courants gardent l’essentiel des nutriments comme les phosphates, nitrates et minéraux en suspension où ils sont aisément utilisés par le phytoplancton pour sa croissance. Enfin, les longues heures de luminosité durant les mois d’été permettent une photosynthèse quasi continue. Ce dernier processus encourage la floraison des algues qui sous-tend l’ensemble de la chaine alimentaire antarctique.

S’adapter au froid

En Antarctique, la faune marine comme terrestre doit faire face à un climat extrêmement rude aux températures très froides. On y trouve deux types d’animaux : ceux dont la température interne varie suivant la température externe et ceux dont la température interne reste relativement constante.

Les invertébrés et poissons sont du premier type. Pour abaisser le seuil auquel leurs fluides corporels gèleraient, ils concentrent dans leurs tissus et cellules les sels, sucres et autres composants organiques tels que les acides aminés et le glucose.
Le système métabolique et les enzymes des poissons sont tellement efficaces qu’ils empêchent le développement attendu de cristaux de glace entre leurs tissus et leur permettent de survivre dans des eaux extrêmement froides. En outre, la concentration d’oxygène dissout dans les eaux de l’Antarctique est telle qu’elle permet aux poissons de vivre sans ou avec très peu de globules rouges.

Les oiseaux et mammifères sont du deuxième type. Ils sont capables de maintenir une température corporelle optimale en dépit du froid. Cela signifie que leurs processus vitaux tels que la digestion, les transmissions nerveuses ainsi que les contractions musculaires se réalisent efficacement mais à un haut coût métabolique. Ils disposent alors de divers outils pour se protéger du froid : plumage, graisse et fourrure.

Le plumage chez les oiseaux

Les oiseaux usent de deux techniques pour éviter la déperdition de chaleur. L’air tout d’abord. Il agit comme un isolant efficace autour du corps de l’oiseau qui le retient grâce à ses plumes et à la position de ses ailes.
En second lieu, la plupart des oiseaux de l’Antarctique possède une glande à la base de la queue dont les sécrétions, une fois réparties sur le plumage, le rendent imperméable. Quant à leurs pattes et bec, ils ne présentent pas ou peu de vaisseaux sanguins évitant ainsi un refroidissement corporel au contact de l’eau ou d’un sol gelé.

Les manchots sont les oiseaux aquatiques ayant développés un plumage aux propriétés isolantes des plus efficaces contre l’eau, le vent et le froid. Sa densité le rend extrêmement compact et, superposé à la graisse sous cutanée de l’animal, il leur permet de lutter contre les basses températures ainsi que de faire face à de longues périodes de jeûne (lors du cycle de reproduction par exemple).
Leurs pieds présentent davantage de vaisseaux sanguins qu’ils dilatent à terre pour répartir la chaleur et contractent en mer afin d’en éviter une trop grande déperdition. Vous remarquerez alors que certaines espèces ont les pieds roses à terre et blancs lorsqu’ils sortent de l’eau.

La graisse des mammifères

Tous les mammifères vivants en Antarctique sont des animaux aquatiques. Les cétacés (baleines et dauphins) se protègent de la déperdition de chaleur par une épaisse couche de graisse. Celle-ci présente, comme le manchot, le double intérêt d’agir comme un excellent isolant mais également d’emmagasiner de l’énergie pour survivre en période de jeûne ou de migration.

Pour maintenir leur température corporelle ces animaux consomment davantage de nourriture. En hiver leur consommation est en moyenne 50% plus importante qu’en été mais plus difficile à trouver. C’est la raison pour laquelle les cétacés et la plupart des phoques et oiseaux de mer migrent vers d’autres latitudes plus clémentes lors de l’hiver Antarctique.
Seuls les manchots et quelques phoques y demeurent tout au long de l’année. Ils échangent les aires côtières où ils passent l’été pour les glaces flottantes en hiver. Le phoque de Weddell est le seul à passer toute l’année sur les côtes. Il profite de trous dans la glace en période hivernale pour chasser et respirer durant la plongée.

Les mammifères à fourrure

Au delà de la graisse accumulée servant à les protéger du froid, ce que l’on nomme les pinnipèdes disposent d’une fourrure. Ils regroupent trois familles de mammifères carnivores : les otaries, les morses et les phoques (dont les éléphants de mer). Leur fourrure est un tel isolant qu’elle permet de maintenir une température corporelle élevée même plusieurs heures après le décès de l’animal. On mesure alors l’intérêt que portèrent les chasseurs au XIXème siècle à ces peaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





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