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La Patagonie du XIXe au XXIe siècle

En Argentine

La conquête du Désert ou campagne du Désert fut une série de campagnes organisées par le pouvoir argentin et exécutée par l’armée sous les ordres du général futur président Julio Argentino Roca.
L’objectif est de coloniser toutes les régions du sud de la région de la Pampa et de la Patagonie orientale, jusqu’alors appartenant aux natifs Amérindiens Mapuches. Cette conquête s’effectua en trois phases (ou campagnes) :

Campagne d’Adolfo Alsina de 1875 à 1877 :

En 1875, Adolfo Alsina, alors ministre de la guerre construit la Tranchée d’Alsina, une véritable frontière longue de 374 kilomètres, qui servit de limite pour les territoires non conquis. Cette ligne de démarcation imposée aux Mapuches a considérablement réduit leur terrain de chasse. Il y eut de nombreuses confrontations.

Campagne de Julio Argentino Roca de 1877 à 1880 :

Cette campagne fut beaucoup plus violente car J. A. Roca, nouveau ministre de la guerre après la mort d’A. Alsina, préconisait la lutte et la guerre. À la fin de 1878, il lança sa première offensive la région située entre la tranchée d’Alsina et le Río Negro par des attaques systématiques et soutenues contre les établissements amérindiens. En 1879, avec 6 000 soldats armés de fusils, la deuxième offensive commença et avança jusqu’au río Negro et río Neuquén.

• Campagne finale de 1880 à 1884 :

J.A Roca devient président de l’Argentine en 1880. Il décide de conquérir les territoires situés au sud du Río Negro, et ordonne la campagne de 1881 sous le commandement du colonel Conrado Villegas. En un an, ce dernier conquit la province de Neuquén soit 94 078 km2 pour atteindre río Limay. La dernière bataille fut livrée en l’actuelle province de Chubut le 18 octobre 1884 contre un groupe d’Amérindiens de plus de 3 000 membres commandés par Modesto Inacayal, cacique de ces résistants Tehuelches. Ce fut 224 686 km2 de terres conquises supplémentaires. Aujourd’hui la Conquête du Désert est très controversée et suscite des polémiques. En effet des historiens argentins ont démontrés qu’il s’agissait d’un génocide.

Des missions salésiennes sont développées jusqu’en Terre de Feu et sur l’île Dawson notamment avec le père Alberto De Agostini. Une mission de pasteurs anglicans dirigée par Thomas Bridges s’installa dans les environs du Canal Beagle en 1869, formant un premier établissement tout proche de l’emplacement de la future ville, Ushuaïa. Martin Gusinde, jésuite vécut de 1918 à 1924 en Terre de Feu et étudia les Amérindiens qui y vivaient.

Au Chili

Les affrontements contre les Amérindiens ont lieu jusque vers le milieu du XIXe siècle pour posséder les terres les plus australes. Durant une longue période, le fleuve Biobío marque la frontière entre le gouvernement colonial et les tribus amérindiennes. Le 18 septembre 1810, un groupe de Créoles profite des invasions napoléoniennes en Espagne pour initier un processus d’autodétermination et constituer une junte. Commence ainsi une période connue sous le nom de Patrie ancienne, qui va durer jusqu’au désastre de Rancagua en 1814. L’armée des Andes libère le Chili le 12 février 1817. L’année suivante, l’indépendance du Chili est déclarée et le pays est placé sous l’autorité de Bernardo O’Higgins. Le pays s’organise et commence à étendre son influence sur le continent tant au nord qu’au sud. En 1839, le Chili tente de prendre le contrôle des régions australes. Il étend son territoire en Araucanie et colonise Llanquihue, Osorno et Valdivia en faisant venir des colons allemands. La région de Magellan est incorporée avec la prise de possession du détroit de Magellan le 21 septembre 1843 et poursuit sa colonisation au sud de la Patagonie avec la création de la première colonie en ces lieux, Fort Bulnes puis Punta Arenas et l’investiture de l’île Navarino. Enfin, la colonisation du territoire austral se termine avec la « pacification » de l’Araucanie en 1881.

Le « Royaume d’Araucanie et de Patagonie »

En 1860, Antoine de Tounens, avoué originaire de Périgueux, débarque en "Araucanie" (dans le centre du Chili actuel), où il est rapidement porté en triomphe par les Indiens, qui voient en lui le sauveur qui les libérera des exactions chiliennes. Le 20 novembre 1860, il est proclamé roi d’Araucanie et de Patagonie sous le nom d’Orllie-Antoine Ier. Deux ans plus tard, il est expulsé et rapatrié en France. Là-bas, il continue son combat en lançant une souscription qui ne rencontre que les moqueries de la presse. Ayant néanmoins tenté à plusieurs reprises de regagner son royaume, il sera expulsé à chaque fois par les autorités chiliennes ou argentines et mourra à Tourtoirac, en Dordogne, en 1878.

Transformation en deux pays et expansion économique

En 1881, la Patagonie sera officiellement partagée entre l’Argentine et le Chili, mais les frontières entre les deux pays ne seront définitivement fixées qu’en 1902, à la suite d’un arbitrage rendu par le roi d’Angleterre, Édouard VII. Au Chili, les années qui suivent sont marquées par une période de prospérité économique, par une instabilité politique et le début du mouvement prolétaire appelé Cuestión Social mais le XXe siècle est marqué par une instabilité économiques et des coups d’états.
Surnommé le « jaguar » de l’Amérique du Sud, le Chili est aujourd’hui un des pays les plus stables économiquement d’Amérique latine. Il a réussi, par exemple, à réduire la pauvreté de moitié durant les quinze dernières années. L’agriculture et l’élevage sont les principales activités des régions du centre et du sud du pays. L’exportation de fruits et légumes atteint des niveaux historiques car le marché s’ouvre aux marchés européen et asiatique depuis les années 1990.
Le Chili connaît aussi une forte croissance dans le domaine de la pêche. Ainsi, le pays est devenu le premier exportateur de saumon en dépassant les niveaux de la Norvège en 2006. Il y a de nombreux élevages de saumon établis dans le lit des fleuves au sud du Chili.
En Argentine, Entre 1880 et les années 1920, l’arrivée massive d’immigrants européens et de capitaux étrangers génère un essor économique remarquable. En 1913, à son apogée économique, l’Argentine était l’un des pays les plus riches du monde.
La laine et la viande de la pampa et de la Patagonie approvisionnent le monde entier. Mais par son instabilité politique et économique désastreuse au cours des années suivantes le pays accumule une lourde dette externe (en janvier 2005, 76 milliards d’euros) qui plombe son expansion.
Cependant à partir de 2003, la croissance économique repart et en 2005 elle atteint 9,2 %.

 

 

 

 

 

 





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